Lida Abdul se définit comme une artiste nomade, même si la majeure partie de son travail - vidéos, photographies, installations - évoque son pays natal, l'Afghanistan. C'est d'ailleurs là qu'elle a tourné quelques-unes des vidéos présentées aujourd'hui à Paris, qui frappent par leur sobriété. Ces œuvres très courtes, pas plus de quelques minutes, jouent sur un principe de répétition, comme si l'histoire ne pouvait avoir de fin. «Depuis que l'Afghanistan s'est transformé en décor de guerre il y a dix ans - trente ans -, écrit-elle, nous sommes devenus légataires d'un exemple clé de l'humanité pour le pire, et, peut-être, pour le meilleur, puisque, par définition, le désastre rompt le processus mécanique de la moralité et nous confronte avec l'"étrange", le "mystérieux", l'inhumain, le cruel et l'inexplicable.»
Il est donc question de la guerre et de sa désolation, que Lida Abdul met en scène dans des paysages d'une beauté stupéfiante. Le spectateur s'accroche à ses images, à son tour pris dans un labyrinthe, dont il ressent l'évidente absurdité, témoin impuissant. Un adolescent tourne en rond dans des ruines, tête vers le ciel (Dome, 2005). Sur le col d'une montagne, une file d'enfants vient vendre des briques de Kaboul, leurs vêtements flottant au vent tels des drapeaux (Brick Sellers of Kabul, 2006). Un paysan peint tranquillement son cheval en blanc : «Les touristes aiment le blanc, c'est bon pour nos affaires», dit-il en sourian




