Le plus important pour Nan Goldin ? Ses lecteurs. Ce sont d’abord eux qu’elle a rencontrés à Paris, à la librairie Artcurial, pour la signature de son nouveau livre,
Eden and After,
édité par Phaidon et dédicacé à ses parents, Hyman et Lilian. Nan Goldin aime la capitale de la photographie,
«ses cieux superbes».
Elle y vit de temps en temps, dans cet appartement extrêmement mystérieux où elle nous reçoit en compagnie d’un lion, d’un zèbre et d’un cygne, tous paisiblement endormis, et d’un chat, bien vivant. Calée sur une chaise
«made by Prouvé»,
note-t-elle en souriant, la plus singulière des photographes américaines, celle que l’on retrouve avec un plaisir sincère, explique la genèse de cet ouvrage conséquent qu’elle a supervisé avec Guido Costa. Nan Goldin, 60 ans, a toujours cette chevelure aux boucles rousses qui lui donne un charme fou et cette voix envoûtante qui ne cesse de murmurer des mots qui paraissent être des fragments d’une langue universelle.
Nous attendions de vos nouvelles, et ce livre surprend par ses portraits, en majorité des enfants, quelques ados, deux ou trois adultes. Quel était votre désir ?
Je n'avais pas fait de livre depuis onze ans et, quand je me suis demandé ce que je pouvais montrer du monde d'aujourd'hui, j'ai aussitôt pensé aux enfants, d'autant que j'ai longtemps travaillé pour Kid's Wear, un magazine de mode spécialisé. Ils sont présents dans mon travail depuis The Ballad of Sexual Dependency, mon premier livre [paru en 1986, ndlr], et je ne cesse de photographier ceux de mes amis. Je n'ai pas voulu parler de la famille, non, c'est trop complexe et, d'




