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Critique

PhotoEspaña, ibère  centré

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Miroir. La 17e édition du rendez-vous madrilène se veut introspective en proposant 80 expositions monographiques ou collectives d’artistes du pays dans toute la ville.

Penélope Cruz par Chema Conesa (Photo Chema Conesa)
ParBrigitte Ollier
Envoyée spéciale à Madrid
Publié le 11/06/2014 à 18h06, mis à jour le 13/06/2014 à 15h20

PhotoEspaña consacre sa 17e édition à la photographie espagnole. «Non pour des raisons économiques, précise Claude Bussac, sa directrice, mais parce qu'il était temps de rendre pleinement hommage à nos auteurs. Nous avons voulu représenter toutes les générations, sans sentiment d'exclusion.»

Bénéficiant d’un budget quasi identique à 2013, 2 millions d’euros, dont 75% financé par des sponsors privés, ce festival d’une qualité constante attend quelque 700 000 visiteurs. Parmi les 80 expositions proposées, quelques-unes attirant un monde fou symbolisent la quintessence des photographes totalement épris de leur sujet.

Vaste éventail : de la conquête du Maroc à la chappe de silence sous Franco, de la naissance du quotidien El País, le 4 mai 1976, à la reconnaissance d'une cuisine moléculaire grâce à Ferran Adrià, il est plus question de comprendre une géographie altruiste que de s'appesantir sur l'identité nationale.

Un souk dans la zone de Benibuifrur (Maroc) en 1910, par José Ortiz Echagüe.

L'hispanité fut pourtant au cœur de la quête de José Ortiz Echagüe (1886-1980), longtemps au purgatoire, puisqu'il fut «l'une des figures industrielles du franquisme jusqu'à devenir, en 1950, le premier président de Seat» (1). Ce qui ne l'empêcha pas d'être un photographe amateur doué, qui entreprit de préserver une certaine Espagne qu'il voyait s'évanouir, à la manière d'un Curtis coffrant les Indiens d'Amérique. Ses livres consacrés aux rites, aux

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