Carole Naggar consacre un livre à David Seymour (1911-1956), plus connu sous le surnom de Chim, et moins connu que son illustre copain, le ténébreux Robert Capa. Tous deux eurent une fin tragique, Capa en Indochine, Seymour dans la campagne égyptienne, à Al Kantara, trois jours après le cessez-le-feu dans la crise de Suez.
Ils ont bâti quasi côte à côte l’agence Magnum Photos, dont David Seymour devint président dès sa création en 1947, et en rédigea les statuts. Il lui apporta son sérieux, et fit en sorte que leur rêve commun d’une photographie affranchie - le mot peut faire sourire aujourd’hui - devint réalité.
Photographies en séquences
Né d'une famille juive de Varsovie, Dawid Szymin (américanisé David Seymour en 1942) étudie les arts graphiques à Leipzig, qui compte alors 24 musées. Il se destine à suivre les traces de son père Benjamin, éditeur, mais l'histoire n'aura de cesse de court-circuiter sa vie. Un temps en France, à Paris, il travaille pour l'hebdomadaire Regards, pour lequel il couvre la guerre civile espagnole. Il est parmi les premiers à penser la photographie en séquences, à écrire les textes et légendes qui accompagnent ses reportages (package story), ici sur les dockers de Marseille ou les féodaux des Halles, là sur l'enterrement d'Henri Barbusse au Père-Lachaise.
Jeune fille soldat, Israël, 1951. (Photo David Seymour)
C'est un homme élégant et brillant, qui parle co




