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Abstractions et projections

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A Paris, une rétrospective propose un rapprochement entre les photos du Californien et les extraits de films cultes de Godard ou Hitchcock.

«Nevada», 1977. (Photo Lewis Baltz. Courtesy Galerie Thomas Zander, Cologne.)
Publié le 04/07/2014 à 18h06

On peut ne pas être bouleversé par la photographie minimaliste de Lewis Baltz. On a même le droit de trouver que, pris isolément, les clichés de l’Américain présentent peu d’intérêt. En ce cas, on saura gré au BAL - lieu d’exposition créé par les Amis de Magnum - de nous aider à entrer dans ces images par un moyen relativement simple : en opérant un rapprochement entre quelques célèbres séries de Baltz et certains films, non moins célèbres, d’Antonioni, Godard, Hitchcock.

Epaisseur. Ainsi, via des extraits (le Désert rouge, l'Eclipse, la Notte, Zabriskie Point, la séquence des cartes postales des Carabiniers, Vertigo) projetés sur un écran placé au sol au centre de l'exposition, les images de Baltz deviennentelles plus bavardes, plus préhensibles, acquérant un sens que leur auteur ne devrait pas renier, lui qui se réfère souvent à ces réalisateurs. Bref, cette photographie désincarnée prend soudain une épaisseur qu'un coup d'œil n'avait pas permis d'apprécier.

Le travail de Lewis Baltz est aux antipodes de la photographie humaniste : ses images sont généralement vides d'êtres vivants. Les paysages ne l'intéressent pas plus, et il a confié avoir peu de goût pour la culture photographique en général. Son art n'est pas, non plus, totalement conceptuel : ce sont des séries qui placent la photographie dans «un espace profond et étroit entre le roman et le film», selon une formule de l'artiste. Dans cet espace, l'imagi

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