D'origine franco-tamoule, Vasantha Yogananthan publie son premier livre, Piémanson. A 29 ans, cet autodidacte se revendique proche des documentaristes britanniques des années 80 (Paul Graham, Chris Killip) et de la jeune génération qui aime à brouiller les lignes entre réel et fiction afin d'interroger le médium le plus familier du XXIe siècle. Très à l'aise, totalement inscrit dans le paysage photographique depuis 2010, Vasantha Yogananthan détaille sa manière de travailler sur le terrain. Ou l'art de la plage-contact.
Comment avez-vous découvert la plage de Piémanson ?
En juillet 2009, lors des Rencontres d’Arles, alors que j’ai envie de m’échapper une journée, un Arlésien me conseille cette plage pas trop touristique. Le bus me lâche au bout d’une route sinueuse, après Salin-de-Giraud, les carrières de sel, les étangs. Je suis soudain au cœur d’une Camargue intemporelle, sous une lumière aveuglante… Sur la plage, des centaines de caravanes sont alignées, elles forment comme des rues. A peine ai-je le temps de me promener, une famille m’invite à déjeuner.
Et vous commencez aussitôt à photographier ?
Très vite, s’impose l’idée d’un travail au long cours car mes premières planches-contacts se révèlent décevantes. En fait, je suis trop extérieur. D’où mon deuxième séjour, en 2010, sous la tente, avec mon réchaud et aucune excursion en ville. Salin-de-Giraud est à 11 km, Arles à 40. Là, je cherche à composer des images picturales, non scénarisées, avec une autre distance que celle du photojournalisme, traditionnellement associé à ce type de sujet dit soc




