Une foule monstre à l'entrée, une queue, à la louche, d'une centaine de mètres. Tout ça pour rentrer au Silencio, club privé conçu par David Lynch et considéré comme hyper dans le coup? Oui, sauf que c'était dans la journée, et non le soir, et que ce n'était pas pour se trémousser dans un verre de spritz, mais pour un speed dating avec Larry Clark. Le photographe et cinéaste américain de 71 ans, connu pour son travail sur l'adolescence, depuis sa série Tulsa, souvent qualifié de sulfureux, croisant la jeunesse, la toxicomanie et la sexualité, organise une vente de clichés, issus de ses archives personnelles, au format unique et vendus 100 euros pièce, jusqu'au mardi 9 septembre.
Photo Clément Ghys
En tout, 8000 photographies sont disponibles, rangées dans une boîte. Le principe, élaboré, comme un speed dating: le quidam fait la queue, rentre par groupe de trente. Petite mise en bouche dans les escaliers où, sur les murs, sont exposés des tirages de Larry Clark, des adolescents en slip ou autres… Dix élus passent au comptoir, et rentrent ensuite dans le saint des saints, la grotte des délices, le Xanadou de l'image: l'une des jolies salles du Silencio transformée pour l'occasion en vide-greniers religieux. Et c'est parti mes cocos pour quinze minutes, pas plus, pas moins, pour choisir un tirage. En 15 minutes seulement, «c'est l'émotion qui parle». Une fois la sainte relique choisie, elle est emballée et «stampée», tamponnée pour authentifier l'œuvre.




