De la même manière qu’une carte ne signifie rien sans échelle, une photographie n’a pas de valeur sans légende. C’est, depuis les écrits de Susan Sontag, le B.a.-ba de l’analyse d’une image. Mais les photographies présentées n’ont pas besoin de légende. Un seul coup d’œil et vous reconnaissez l’espace-temps : Ground Zero, 11 septembre 2001.
Tout le reste n'est que détails : heure, lieu précis, noms des figurants. Ces images, tirées du livre Search and Rescue at Ground Zero : September 12th to 16th, 2001, publié aux éditions Kehrer, sont signées du photographe et réalisateur franco-américain Stéphane Sednaoui. Il vivait alors à une dizaine de rues des Twin Towers, dans un loft du quartier de NoHo.
L’esprit est rationnel et cherche une explication ; d’abord, l’impression fut celle d’un accident, d’un petit avion Cessna qui se serait écrasé dans une des tours. Sednaoui a pris des images, des vues panoramiques de New York. Et puis, cette fumée et ces nuages de cendres se sont avérés les traces d’une catastrophe.
Pendant plusieurs jours, Stéphane Sednaoui a aidé, comme beaucoup de New-Yorkais, les pompiers à rechercher des corps, déblayer les décombres. Avec toujours un appareil photo à la main, « sans toujours cadrer », sans juger, juste pour rendre compte. Le résultat est un travail photographique très rare, d'une densité exceptionnelle, protéiforme dans lequel l'héroïsme des hommes se frotte au chaos ambiant.
De l’esthétisme de l‘image
Qu'est ce qui dérange dans ces images ? Leur sujet ? A




