Rituel automnal, le Mois de la Photo fête sa 18e édition. A sa création, en 1980, cette biennale tenait de l'épreuve initiatique car, même en s'imposant un rythme effréné, il était impossible de tout voir. Aujourd'hui, où le temps n'est plus que mouvement, il suffit de quelques clics sur le site du Mois de la Photo pour repérer les tendances de cette édition préparée par quatre directeurs artistiques (1). Si elle n'évite pas l'écueil consensuel, en agrégeant, par exemple, les poids lourds qui n'ont pas besoin de publicité (Eggleston, Winogrand, etc.), ou en proposant, encore une fois, un regard trop impassible sur la Méditerranée, elle offre une fenêtre sur un coin secret, très prisé des âmes sensibles : les amateurs (lire ci-contre).
Ceux qui chérissent la photographie, telle une drogue dure, iront découvrir de visu l’immarcescible beauté d’un art en constant renouvellement. Sélection subjective de dix photographes hors du commun.
Safaa Mazirh, corps marqué
«sans-titre-#14, Maroc, 2014» de Safaa Mazirh. Courtesy Galerie 127
Née à Rabat en 1989, cette autodidacte montrait l'an passé sa première série, «Poupées» (cf. le diaporama sur le site de Libération). Elle expliquait alors combien la photographie, «une découverte essentielle», lui avait permis d'éclairer «tout ce qui était enfoui et ambigu au fond de [son] être». A l'Hôtel de Sauroy et à l'Institut




