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Libération

La série noire des suicides d'adolescents bouleverse les Japonais

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Publié le 17/12/1994 à 23h34

Deux nouveaux suicides sont venus s'ajouter en une seule journée à

la liste déjà longue des adolescents qui mettent fin à leurs jours au Japon, une série noire qui cause une émotion considérable dans l'archipel.

On ne saura peut-être jamais pourquoi cet enfant de 13 ans, dont l'identité n'a pas été rendue publique, s'est jeté sous un train, jeudi dans la banlieue de Tokyo. Il n'a pas laissé de lettre et ses parents, du fond de leur désespoir, affirment ne pas comprendre les raisons de son geste. Quant à l'autre, avant de se pendre, il a laissé une note dans laquelle il disait vouloir tenter «une expérience» pour savoir ce qui se passe au moment du décès. «Y a-t-il un paradis ou est-ce l'enfer après la mort? Je n'ai pas peur de mourir», déclarait ce jeune de 14 ans.

Depuis fin novembre, venant après trois suicides d'enfants de 13 à 15 ans, ces nouveaux cas ont sonné l'alarme. Des psychologues spécialistes de l'adolescence craignent que l'écho exceptionnel provoqué dans les médias par le suicide de Kyoteru Okochi n'ait donné des idées à d'autres enfants de son âge. Avant de se pendre à un arbre du jardin de la maison de ses parents, Kyoteru a raconté toute l'étendue de sa détresse dans son cahier d'école retrouvé dans son bureau.

L'avis qui prévaut est qu'en dépit des risques d'un effet boule de neige, il reste de loin préférable de porter enfin sur la place publique un mal de société à propos duquel parents et enseignants préfèrent habituellement garder le silence. Car le mal es

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