Le plus grand procès d'opposants politiques en Chine depuis
l'écrasement du mouvement démocratique de 1989 s'est achevé vendredi par les condamnations de neuf dissidents à des peines allant jusqu'à vingt ans de camp.
Intellectuels et ouvriers, les neuf étaient accusés d'avoir «formé et dirigé des groupes contre-révolutionnaires et pris part activement à des actions contre-révolutionnaires». Ces peines, les plus sévères prononcées depuis la purge qui a suivi l'écrasement du «Printemps de Pékin» de 1989, «montrent la détermination du gouvernement chinois d'écraser sans merci tout délit d'opinion», explique Robin Munro, le représentant de Human Rights Watch à Hong-kong.
Les vingt années d'emprisonnement ont été infligées à Hu Shigen, un enseignant de l'Université des langues de Pékin, âgé de 38 ans. Kang Yuchun, un psychiatre de 28 ans, a été condamné à dix-sept ans de prison; Liu Jingsheng, un ouvrier de 38 ans, vétéran du premier mouvement démocratique chinois de 1978-1979, à quinze ans; Wang Guoqi, un ouvrier-imprimeur au chômage de 31 ans, à onze ans de prison, a indiqué le tribunal intermédaire de Pékin. Wang Tiansheng, universitaire, Chen Wei, ouvrier, Lu Zhigang, étudiant, et Zhang Chunzhu, sans emploi, ont reçu chacun une peine de cinq ans. Rui Chaohuai, ouvrier, a été condamné à trois ans. Tous ont l'intention de faire appel, selon leurs familles.
Au secret pendant plus de deux ans Ces neuf dissidents faisaient partie d'un groupe de quinze personnes qui militaient de maniè




