Jours tranquilles à Port-au-Prince
Avec le retour d'Aristide, les Haïtiens ont retrouvé une douceur de vivre des temps de paix. Les représailles redoutées n'ont pas eu lieu. Mais l'économie est ravagée, le gouvernement apparaît impuissant, et le pays réduit à la mendicité internationale.
- PRÈS DE CENT JOURS après l'intervention américaine en Haïti, les petites gens de Port-au-Prince savourent la paix civile revenue, le plaisir de flâner à la tombée du soir et les nuits que ne déchirent plus des rafales d'armes automatiques. La même sérénité prévaut dans les quartiers plus huppés du haut de la capitale, à Pétionville: les représailles populaires tant redoutées n'ont pas eu lieu, à l'exception de quelques vengeances individuelles, somme toute marginales, envers les anciens «attachés» les plus odieux.
Les réjouissances de fin d'année seront bruyantes. Les grands restaurants et les hôtels rivalisent dans l'organisation de bals animés par les orchestres les plus prestigieux du pays, en sommeil depuis trois ans. Les avions sont remplis d'Haïtiens de la diaspora venus passer les fêtes au pays natal.
Personne n'osera nier que depuis la restauration de Jean-Bertrand Aristide, 41 ans, le 15 octobre dernier, la petite nation caraïbe a retrouvé le souffle de vie étouffé depuis le coup de force militaire du 30 septembre 1991. Les escadrons de la mort et les «attachés», ces obscurs supplétifs des militaires putschistes, ne font plus régner l'angoisse. Une nouvelle police, avec pour ambition




