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Enquête

L'Afrique veut préserver ses trésors

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Publié le 26/12/1994 à 23h19

L'Afrique veut préserver ses trésors

L'art nègre se vend à prix d'or sur le marché international et les pays africains tentent de conserver un patrimoine culturel, même pas à l'abri du pillage dans les musées. Désormais, les exportations sont soumises à une réglementation, mais les frontières restent perméables.

Ouagadougou, envoyée spéciale - A OUAGA, ON LES APPELLE LES «AMÉRICAINS». Sans doute parce que les premiers missionnaires venaient du sud des Etats-Unis. Les sectes religieuses qui pullulent en Afrique de l'Ouest, et notamment au Burkina Faso, sont les bêtes noires de Jean-Claude Dioma, directeur du patrimoine culturel à Ouagadougou. «Les Américains arrivent dans les villages, construisent un temple ou un puits, et demandent aux villageois d'abandonner leurs croyances. Pour s'assurer qu'ils sont convertis, ils leur demandent d'apporter les fétiches de la famille et les brûlent publiquement.»

Le trafic lucratif des objets d'art. A la sortie de la capitale burkinabé, dans le centre dominé par une antenne TV qu'est en train de construire l'un de ces groupes, l'Assemblée de Dieu, le pasteur stagiaire François-Xavier Compaore confirme: «Après la conversion, on brûle les fétiches.» Ainsi finissent sur le bûcher des objets, statues ou masques, conservés depuis des générations. Au Mali, on n'hésite plus à parler de «génocide culturel». Mais l'influence grandissante des sectes d'obédience protestante n'est que l'un des maux qui frappe une région riche en statuaires et en sites

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