1995, année du cinquantenaire pour ONU en crise
Née en 1945 du rêve de paix des nations occidentales au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'Organisation des Nations unies (ONU) fête cette année un demi-siècle d'existence.
Cet anniversaire, qui sera marqué par la cérémonie commémorative de la signature de la charte de l'ONU à San Francisco en juin, et un sommet de tous les pays membres à New York en octobre, s'annonce difficile. Depuis trois ans, en dépit de contributions réussies au rétablissement de la paix et de la démocratie au Salvador, au Mozambique et en Afrique du Sud, par exemple, les Nations unies traversent une sérieuse crise de crédibilité. L'hostilité est particulièrement virulente aux Etats-Unis, où elle est alimentée par l'incapacité de l'ONU à venir à bout de conflits comme ceux de l'ex-Yougoslavie et de la Somalie.
Aux traditionnelles critiques de Washington et d'autres capitales contre la bureaucratie onusienne (qualifiée jadis de «machin» par le général de Gaulle), s'ajoute désormais la défiance «naturelle» d'un Congrès à majorité républicaine envers les dépenses qu'entraîne la participation des troupes américaines à des opérations de paix sous contrôle étranger. Adversaire acharné du multilatéralisme prôné à ses débuts par le président Clinton, le chef de file des républicains au Sénat, Robert Dole, menaçait en novembre dernier de faire réviser à la baisse la contribution financière américaine à l'ONU (omettant de rappeler que les Etats-Unis, principaux




