De hauts responsables de la sécurité de l'administration Clinton ont
invité le Japon à réfléchir à une redéfinition du traité de sécuritéavec l'Amér ique, devenu, pour Washington, largement obsolète avec la fin de la guerre froide et la nouvelle situation géostratégique née en Asie de l'effondrement du communisme. Washington a fait savoir qu'il n'était pas question de supprimer le traité conclu en 1951 et reconduit en 1960, ni de réduire la présence militaire américaine en Asie du Sud-Est, mais seulement de le réexaminer et de l'aménager pour permettre d'intégrer un dialogue multilatéral régional qui engloberait la Chine, la Corée du Sud et même la Russie.
Cette initiative a brutalement mis en lumière une évolution de la diplomatie américaine que le gouvernement japonais craint par-dessus tout: la priorité pour Washington n'est peut-être plus le Japon mais la Chine. Le traité de sécurité avait offert au Japon un parapluie atomique confortable. Il alui apermis de se concentrer sur la tâche de reconstruction après la guerre, puis de réussir un impressionnant décollage économique. Le traité avait fait du Japon un rempart vital contre le communisme en Asie qui, après la Chine, la Corée du Nord, la Mongolie et le Viêt-nam, menaçait d'essaimer ailleurs.
Cet âge d'or de relations privilégiées est terminé. L'immense Chine, son marché de 1 milliard d'habitants, son potentiel économique et son rôle politique croissant dans la région ont détrôné l'archipel dans la hiérarchie des partenair




