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Libération
Reportage

Dans un maquis hutu du Burundi

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Publié le 19/01/1995 à 23h47

Dans un maquis hutu du Burundi

Le quartier le plus pauvre de la capitale Bujumbura héberge les déplacés hutus de l'intérieur, chassés par l'armée tutsie. C'est là qu'est installé le quartier général de la résistance hutue.

Bujumbura, envoyé spécial - «EH MON FRÈRE, tu crois que moi, je vais à Kamenge?» Le chauffeur tutsi salue le barrage de police. Pour une forte somme, il a accepté de déposer ses passagers à l'entrée d'un quartier contigu de Kamenge. Il est sept heures du soir, l'heure du couvre-feu à Bujumbura. Les derniers passants regagnent leurs maisons à grandes enjambées, avant que l'armée et la police ne tirent à vue. En marchant un peu sur la grande avenue, puis en s'enfonçant sur un étroit sentier boueux, on saute par-dessus un cours d'eau avant de gagner un petit kiosque à cacahuètes, éclairé par une bougie. Des ombres bouclent immédiatement l'accès du sentier, des visages épient les inconnus: «Ça y est, chuchote la passeuse, on est à Kamenge.»

Véritable maquis en pleine capitale, Kamenge est devenu pour tous les Hutus du Burundi le symbole de leur résistance à l'armée tutsie. «Les soldats font leur prière avant d'être envoyés à Kamenge, dit en riant Frédéric Bamvuginyumvira, député du Frodebu (Front pour la démocratie au Burundi, majoritaire). Ils n'y patrouillent qu'en blindé. A pied, dans les ruelles, ils seraient à coup sûr enlevés et exécutés.» Le «député Frédéric» a quitté le quartier huppé de Rohero, au centre-ville, pour installer sa famile à Kamenge, après

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