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Libération

Pressions en Colombie pour extrader les narco-trafiquants

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Publié le 19/01/1995 à 0h08

Sous la pression de l'opinion publique, ulcérée par l'impunité dont

semblent bénéficier les trafiquants de drogue, les appels au gouvernement colombien se multiplient pour qu'il remette en vigueur le traité d'extradition vers les Etats-Unis des barons des cartels, la sanction que ceux-ci redoutent le plus.

Un récent sondage effectué par une station de radio a ainsi révélé que les deux tiers des auditeurs étaient en faveur de l'extradition. Ils estiment que les trafiquants abusent avec cynisme de l'actuel système pénal, quand il n'échappent pas aux poursuites en menaçant ou en corrompant juges et enquêteurs.

Les autorités envisagent avec crainte une telle mesure. Mise en pratique à la fin des années 1980, l'extradition avait en effet déclenché une vague de terrorisme sans précédent, provoquant la mort de centaines de policiers, juges, hommes politiques, et victimes anonymes. Pablo Escobar, chef du cartel de Medellin et instigateur présumé des attentats, avait déclaré en 1987 qu'il préférait un tombeau en Colombie à une cellule en Amérique.

Pour faciliter la reddition négociée des narco-trafiquants et mettre un terme au déchaînement de violence, le congrès colombien avait fini, en 1991, par déclarer l'extradition constitutionnellement illégale, tandis que le gouvernement proposait aux repentis un alléchant arsenal de remises de peines. Or le procureur général Alfonso Valdivieso, et le président de la Cour constitutionnelle, Jorge Arango, viennent de se prononcer pour l'extradition

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