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Libération
Reportage

Nouvel ordre amoureux sur les campus américains

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Publié le 21/01/1995 à 0h06

Nouvel ordre amoureux sur les campus américains

Les programmes d'éducation sur le harcèlement sexuel à l'université ont profondément changé la vie des étudiants. Revanche sur le machisme ambiant ou regain de puritanisme, le phénomène a fait l'objet d'une vaste controverse. Avant que le débat retombe.

Davis (Californie), envoyé spécial - LE PROFESSEUR aimait la bicyclette. Au point de ne pas changer de tenue, faute de temps, entre une course et un cours. La tenue de cycliste ayant tendance à mouler son homme, il se trouva une étudiante pour se plaindre de l'occasionnelle protubérance et de ces cuisses toujours en sueur. On n'était pas loin du «harcèlement» (sexuel), et le professeur fut prié d'aller se rhabiller, au moins pour éviter l'inconfort de l'étudiante, et peut-être ennuis et procès pour l'Université.

Quand elle raconte cette anecdote, Lisa Brodkey prend soin d'en faire l'un des exemples extrêmes des situations qu'elle est amenée à rencontrer en sa qualité de «directrice du programme d'éducation sur le harcèlement sexuel» de l'Université de Californie, à Davis, ville universitaire à une heure à l'est de San Francisco. Et elle insiste plutôt sur la formation et l'éducation qu'elle dispense tous les ans à des milliers d'étudiants, de professeurs et au personnel administratif de l'Université que sur les plaintes qu'elle enregistre tous les ans de la part d'étudiantes (surtout) affirmant être harcelées par un professeur ou un autre élève: «J'ai peut-être entre 115 et 125 co

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