Auschwitz, nom germanique d'Oswiecim, petite ville polonaise à proximité de Cracovie, est un terrain marécageux qui a l'avantage, pour les nazis, de se trouver à un noeud de voies ferrées. En juin 1940, les Allemands y installent un camp de concentration dans d'anciens baraquements militaires. 728 résistants polonais y sont enfermés. Au début les prisonniers sont surtout des hommes. On va utiliser cette main-d'oeuvre de déportés pour construire un deuxième camp à 3 kilomètres de là, qui, à la différence du camp de concentration, n'a d'autre but que la mise à mort industrielle: le camp d'extermination de Birkenau (Auschwitz II) est «inauguré» au mois d'octobre 1941.
La technique d'assassinat au zyklon B avait été testée à l'automne 1941 sur des prisonniers de guerre soviétiques, dans une petite chambre à gaz à Auschwitz I. A Chelmno, au mois de décembre, les nazis avaient aussi expérimenté la mise à mort dans des camions spéciaux qui refoulaient les gaz d'échappement.
Le 20 janvier 1942, la conférence de Wannsee des dignitaires nazis organise officiellement «la Solution finale à la question juive» la destruction de tous les juifs d'Europe. Le IIIe Reich a déja tué 1 million de juifs de façon «artisanale» en donnant l'ordre à des unités spéciales, les Einsatzgruppen, de suivre l'armée et de liquider systématiquement les populations juives qu'on fusille au bord de charniers. Mais ces unités spéciales posaient des problèmes de «rentabilité» humaine. Il fallait inventer une indus




