Washington,
de notre correspondant C'est en appelant la nation américaine à un «nouveau pacte social» que Bill Clinton a tenté mardi soir, dans son discours sur l'Etat de l'Union, de concilier l'apparemment inconciliable, essayant de se montrer à la fois centriste et visionnaire, proche des thèses républicaines qui avaient triomphé en novembre et fidèle aux principes du parti démocrate, auquel il appartient.
Clinton, dans son long discours d'une heure et vingt minutes prononcé devant le Congrès, a voulu définir un système de gouvernement qui, tout en favorisant la liberté économique et l'«opportunité», exigerait en échange la «responsabilité» des citoyens. Moins d'Etat dans plusieurs domaines voilà pour les concessions républicaines, mais un Etat qui «conserve d'importantes responsabilités» vis-à-vis des pauvres, des jeunes, des retraités ou des anciens combattants notamment: tout le discours de Clinton en grande forme oratoire, comme l'ont souligné les leaders républicains eux-mêmes a été ainsi un long balancement entre la définition de ce centrisme retrouvé celui de sa campagne de 1992 et la description de ses divergences avec ses adversaires politiques.
Gestion moderniste Finie l'ère des grandes réformes, place à une sorte de gestion moderniste du pays. Faisant preuve d'humour, Clinton a annoncé aux membres du Congrès où les républicains ont conquis la majorité en novembre qu'il savait désormais ce que certains d'entre eux «avaient ressenti en 1992» date de sa prop




