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Libération

MSF fustige l'inertie onusienne face aux conflits dans le monde

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Publié le 27/01/1995 à 23h54

Un demi-siècle après l'engagement solennel des Nations unies à

prévenir et punir le crime de génocide (Convention de 1948), le monde est resté sans réaction face à celui des Tutsis au Rwanda. Cette terrible inertie est au coeur du rapport annuel (1) sur les crises majeures et l'action humanitaire que Médecins sans frontières (MSF) a publié le 25 janvier à l'occasion de la Troisième journée internationale pour les populations en danger.

«La tardive intervention française a pourtant démontré qu'il aurait été possible de sauver les Tutsis», écrit Alain Destexhe dans un avant-propos. Pour le secrétaire général du bureau international de MSF, l'élan humanitaire qui a suivi la catastrophe rwandaise n'a servi qu'à «effacer la honte initiale de la non-intervention».

Renaissance des idéologies racistes Les différents auteurs qui participent au rapport de MSF s'inquiètent, une fois de plus, de ce que l'action humanitaire ait pris le pas sur la morale et l'action internationale quand renaissent, rappelle Alain Destexhe, «les idéologies racistes, qui hiérarchisent les groupes, excluent et rejettent l'autre». Dans le même registre, Rony Brauman vilipende «le sentimentalisme qui ronge notre capacité d'indignation» et qui n'a d'autre raison d'être que d'habiller une «politique de l'impuissance».

La première organisation humanitaire d'aide médicale privée dans le monde examine, en détail, le cas de cinq pays ­ Brurundi, Rwanda, Zaïre, Haïti, Bosnie ­, cinq conflits et cinq modes d'intervention

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