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Libération

Le séisme de Kobe a ébranlé la confiance des Japonais en l'Etat

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ParJean-Christophe SCHMITT
Tokyo, correspondance
Publié le 31/01/1995 à 23h49, mis à jour le 31/01/1995 à 23h49

Désormais, et pour longtemps, il y aura «avant» et «après» le séisme de Kobe. Un ressort s'est bel et bien cassé dans la mécanique qu'on croyait invincible du Japon. Le tremblement de terre qui a détruit une bonne partie de la ville et tué plus de 5.000 personnes a infligé un choc en retour, tout aussi dévastateur, à la société japonaise.

Un sondage publié dimanche dans le quotidien Asahi Shimbun fait apparaître que 53% des Japonais critiquent l'action du gouvernement après le séisme de Kobe, contre 39% seulement qui la soutiennent. Les critiques pleuvent sur le gouvernement et la bureaucratie, notamment dans l'ensemble de la presse qui inflige des blâmes d'une sévérité rarement vue dans un pays où l'administration règne en maître incontesté depuis plus d'un siècle, et où le culte de l'harmonie sociale impose à tout un chacun une retenue minimale. «Ceux qui se sont retrouvés pris dans le tremblement de terre sont également morts victimes de la bureaucratie japonaise», souligne Tatou Takahama, un haut responsable de l'institut de recherche du Yomiuri Shimbun, le plus grand quotidien de l'archipel.

«Refusant avec arrogance» les offres d'aides étrangères ou y répondant avec retard, «le Japon, qui en temps ordinaire proclame son internationalisation, a montré au monde qu'après tout il n'est encore qu'un pays fermé», souligne le commentateur. Les Japonais ont également appris avec consternation les retards dans l'arrivée à Kobe des équipes de sauveteurs et de chiens renifleurs de S

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