Le cinquantenaire de la capitulation divise les Japonais
Tokyo, correspondance La commémoration du cinquantième anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale (15 août 1945) a remis à vif les réflexes nationalistes.
Cent quarante trois députés du Parti libéral démocrate et plusieurs ministres en exercice protestent depuis la fin de la semaine dernière contre un projet de résolution dans lequel le gouvernement voudrait reconnaître que le Japon était l'agresseur. La coalition tripartite du Premier ministre socialiste Tomiichi Murayama prépare une résolution au Parlement qu'elle espère pouvoir faire adopter d'ici le 15 août, date de la reddition japonaise, dans laquelle le Japon réaffirmerait solennellement qu'il ne «livrera jamais plus de guerre» à ses voisins. Les socialistes et une partie des formations de la droite modérée poussent à ce que le Japon reconnaisse explicitement que son expansionnisme était le fruit d'une guerre d'agression. Il s'agit, explique-t-on, de prouver ainsi que le Japon a définitivement rompu avec son passé nationaliste et de mettre enfin un terme aux suspicions qui demeurent en Asie. L'enjeu est de taille. Il s'agit ni plus ni moins que de démontrer la maturité retrouvée d'un pays responsable qui entend jouer un rôle de premier plan au Conseil de sécurité et en Asie.
Mais il n'en fallait pas plus pour provoquer un tollé dans les rangs plus conservateurs du parti libéral-démocrate où 143 députés et sénateurs, près de la moitié des 294 élus du PLD




