JIANG ZEMIN. Apparatchik sans charisme, le président chinois
s'annonce comme le successeur obligé du patriarche Deng Xiaoping. Mais beaucoup doutent de sa capacité à diriger le pays et à contrôler les luttes de factions.
Le temps compté de l'héritier de Deng Pékin, de notre correspondante - DEPUIS DEUX SEMAINES, la Chine vit à l'heure de l'opération «Bao Jiang». Littéralement: «Elever l'image de Jiang», c'est-à-dire Jiang Zemin, l'héritier désigné à la tête du pays du patriarche Deng Xiaoping. Rompant avec la tradition, ce dernier, âgé de 90 ans, n'est pas apparu au nouvel an chinois pour adresser ses voeux à la nation. Son absence a renforcé les spéculations sur sa mort prochaine. Il serait tombé en état comateux à l'hôpital 301 de Pékin, affirme une source chinoise proche du pouvoir. Et c'est à Jiang Zemin qu'est revenu la tâche de présenter les voeux officiels.
Depuis la mi-janvier, la propagande chinoise a lancé une campagne intense pour conforter l'image de Jiang. Pour la première fois depuis Mao Zedong (avant la révolution culturelle) et son successeur immédiat Hua Guofeng (1976-1978), Jiang Zemin cumule les trois fonctions essentielles de chef de l'Etat, du parti et de l'armée. A la mort de Deng, il devrait logiquement prendre la tête de l'équipe collégiale composée des six membres du Bureau permanent du Comité central.
Assurer une transition douce. A tout instant, les membres du parti, de l'armée et le peuple sont invités par la télévision et la presse à s'unir autour




