Un ex-démocrate-chrétien challenger
de Berlusconi en Italie Rome, de notre correspondant L'anti-Berlusconi est né jeudi dernier: Romano Prodi, 56 ans, a posé officiellement sa candidature pour diriger la coalition de centre gauche qui devra affronter, en cas d'élections anticipées, le Pôle des libertés, cartel des droites dirigé par le magnat de la télévision commerciale, qui avait déjà remporté haut la main les élections de mars 1994.
Romano Prodi a été, à deux reprises, président de l'IRI, le principal holding du secteur public italien. L'entrée en lice de cet austère économiste catholique risque d'entraîner une scission dans sa propre famille politique, le Parti populaire (PPI), héritier de la démocratie-chrétienne, de faire voler en éclats le centre et, de ce fait, entraîner une bipolarisation qui paraissait encore incertaine il y a quelques mois.
Même le PDS, l'un des deux partis issus de la mort du PCI, semble d'accord pour soutenir Prodi, mais c'est dans les rangs même du Parti populaire que l'ancien président de l'IRI rencontre les plus grandes difficultés. Selon la nouvelle direction du PPI, incarnée par le philosophe catholique Rocco Buttiglione, ami intime de Jean Paul II, la candidature de Prodi aurait été suscitée par le courant de gauche du parti: «Des amis qui se conduisent encore comme une secte», a tonné Buttiglione. En effet, ce sont le président du PPI et les deux présidents des groupes parlementaires, tout trois des personnalités connues pour avoir fait part




