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Libération
Reportage

Guerre de la banane en Somalie

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Publié le 10/02/1995 à 1h15

D'un côté l'américaine Dole. De l'autre l'italienne Somalfruit.

Armant des milices, payant pour s'assurer des soutiens, les deux firmes se livrent une lutte sans merci pour exporter les bananes.

Mogadiscio, envoyé spécial - A BORD DE JEEPS transformées en véhicules de combat, les fameux «technicals», un commando s'arrête à proximité d'une belle villa, au milieu d'une vaste bananeraie des environs de Mogadiscio. Les hommes ouvrent le feu sur la résidence, où se reposent les employés philippins de la multinationale américaine Dole, fauchant l'un des gardes. Un talkie-walkie en main, une canne sculptée dans l'autre, Ahmed Duaale Xaaf, directeur de Sombana, la filiale somalienne de Dole, n'a aucune hésitation: «Ce sont les milices de Somalfruit», la compagnie concurrente..

C'était le 10 janvier. Mais déjà, depuis novembre, Dole accuse la compagnie italienne Somalfruit d'avoir recruté et armé une imposante milice, qui, dans toute la région de Shebele, berceau de la banane somalienne, ferait régner la terreur, piratant les convois de Dole-Sombana sur leur route vers le port de la capitale. Dole dispose aussi de ses propres «technicals», que Somalfruit accuse à son tour de racket. La semaine dernière, à l'approche du port, des rafales ont éclaté durant de longues minutes: «Encore la guerre des bananes!», ont plaisanté les habitants de Mogadiscio, soulagés que cette fois aucun des leurs ne soit de la partie.

Dans un pays dévasté par les luttes de factions, abandonné par la Communauté i

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