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Reportage

Baidoa, un îlot dans le chaos somalien

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Publié le 22/02/1995 à 0h54

Baidoa, un îlot dans le chaos somalien

Ville symbole de la grande famine qui en 1992 motiva l'intervention des troupes étrangères, Baidoa a retrouvé la prospérité. Protégée par ses propres milices, sans distinction de clan, elle exporte même de la nourriture dans le reste du pays. Baidoa, envoyé spécial - ALI HUSSEIN S'ACHARNE à coups de marteau sur 'un vieux réacteur de Mig-21, laissé là en avril 1992 par les ingénieurs de l'armée de l'air de l'ex-président Siad Barre, chassé de Somalie par la guerre civile. Baidoa était alors une importante base militaire, aujourd'hui réduite à quelques épaves de tanks et d'avions, battues par les vents de sable. Ali collecte soigneusement les morceaux de métal rare, qu'il trie et entasse dans un grand sac. Chaque jour, il en vend cinq kilos au marché de Baidoa, à un demi-dollar (1) le kilo. De là, le métal repart vers Mogadiscio où il est acheté 100 dollars par des hommes d'affaires qui le revendront cinq fois le prix dans les Emirats arabes. Destination finale, les usines japonaises qui retraiteront les précieux copeaux. Pour ne pas se faire chiper son gagne-pain, Ali dort près de «son» réacteur: «J'en vis très bien. Ce ne sont pas les épaves qui manquent! Mais comme c'est une propriété de l'Etat, cela durera tant qu'il n'y a pas de gouvernement en Somalie.»

«En juin 1992, se rappelle Jean-Ludovic Méténier, chef de mission de l'Unicef, nous envoyions deux experts à la suite de rumeurs de famine. Ils sont arrivés dans la ville et une heu

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