Tokyo,
correspondance La tension est montée au Japon, tant dans les milieux antinucléaires que dans la région de Rokkasho où les déchets radioactifs partis de France doivent être stockés après leur arrivée sur le sol de l'archipel, d'ici quarante-cinq jours à deux mois.
Pour calmer les esprits, Tokyo a joué la carte de la transparence. L'Agence des sciences et technologies, le ministère de tutelle pour tout le secteur nucléaire, a récemment organisé pour la presse une visite in situ du centre de stockage de Rokkasho, construit pour accueillir les déchets pendant les trente à cinquante années à venir. Ce bâtiment de trois étages est installé à l'extrémité nord de l'île de Honshu, à proximité d'un village de pêcheurs, près d'Aomori. Les déchets vitrifiés seront installés dans des silos de béton ventilés et placés sous surveillance constante. Dans un demi-siècle, lorsque leur niveau de radiation aura baissé, ils doivent être stockés définitivement dans un endroit encore inconnu.
Le centrepeut stocker jusqu'à 1.440 cylindres de déchets nucléaires, sortant de l'usine de retraitement de La Hague. Le premier chargement, parti hier de Cherbourg à bord du Pacific Pintail, est constitué de 28 de ces cylindres. Rokkasho est donc prêt pour cinquante voyages de ce type dans les dix ans à venir, le Japon s'étant engagé à récupérer tous ses déchets provenant du retraitement par la France et la Grande-Bretagne des combustibles irradiés de ses centrales. L'Agence a, d'autre part, expliqué que




