L'OPTIMISME sans précédent qui avait présidé à l'ouverture de
négociations, en octobre dernier, entre le gouvernement du Sri Lanka et les indépendantistes tamouls du mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), n'est plus de mise au Sri Lanka depuis une semaine. Lundi soir, un communiqué de la présidente du pays, Chandrika Kumaratunga, a accusé le LTTE de saboter le processus de paix. Le chef des Tigres, Velupillai Prabhakaran, qui s'exprime rarement, avait rejeté la semaine dernière sur le gouvernement la responsabilité de l'impasse et l'avait accusé de «tromper» l'opinion internationale sur ses intentions de paix.
Une trêve entre Colombo et les indépendantistes de la minorité tamoule, qui contrôlent une bonne partie du nord du pays, est en vigueur depuis le 8 janvier; les pourparlers entre le LTTE et le gouvernement, entamés en octobre, ont débouché sur trois sessions de négociations. Mais celles-ci, qui n'ont pas encore abordé les aspects politiques d'une éventuelle solution à ce conflit qui dure depuis 12 ans et a fait 30.000 morts, sont actuellement dans l'impasse. Elles ont achoppé notamment sur l'ouverture des accès routiers à la péninsule de Jaffna, le QG des Tigres. Un communiqué du LTTE daté du 7 mars signale par ailleurs que la présidente du Sri Lanka, Chandrika Kumaratunga, a proposé la médiation d'un ancien conseiller du président François Mitterrand dans ses négociations avec le LTTE. Il s'agirait de François Michel, ancien ambassadeur plénipotent




