Tokyo,
correspondance Les blessures laissées par les bombardements atomiques américains de Hiroshima et Nagasaki sont loin d'être cicatrisées. La célébration, l'été prochain, du cinquantenaire de cette tragédie a brusquement remis à nu les interprétations radicalement divergentes à Washington et Tokyo quant à l'utilisation de la bombe atomique.
Profondément irritée par l'annulation, voilà quelques semaines, par le musée de l'Air et de l'Espace de Washington d'une exposition initialement prévue sur les souffrances causées par la bombe nucléaire, la ville d'Hiroshima a décidé d'organiser elle-même sa propre exposition aux Etats-Unis «pour que le public américain sache enfin ce qui s'est réellement passé», explique son maire Takashi Hiraoka. Les bombes «Little Boy» et «Fatman», larguées les 6 et 9 août 1945 sur Hiroshima et Nagasaki, tuèrent 385.000 personnes, la plupart sur le coup et les autres des semaines et des années plus tard dans des souffrances atroces.
Le célèbre Smithsonian Institute avait annulé l'exposition sur la bombe atomique à Washington sous la pression d'une partie du Congrès et de vétérans américains, qui estimaient que les photos et les documents présentés faisaient la part trop belle aux Japonais présentés en victimes. Harry Truman, et plus tard les autres présidents des Etats-Unis, ont affirmé que l'utilisation de l'arme atomique avait permis d'accélérer la capitulation du Japon, sauvant ainsi la vie de centaines de milliers de marines. Le maire de Nagasaki,




