L'INFANTE ELENA se marie et personne en Espagne ne peut y échapper. Une centaine de caméras de la télévision publique y veilleront. Les Espagnols étaient en manque. Voilà près de quatre-vingt-dix ans qu'ils n'ont pas assisté à un mariage princier. C'était, le 31 mai 1906, celui des arrière-grands-parents de la fiancée, Alfonso XIII et Victoria Eugenia de Battemberg. Cérémonie de sinistre mémoire: un attentat anarchiste fit 23 morts, calle Mayor, à Madrid, sur le passage du cortège nuptial. Pas très populaire, Alfonso XIII devait faire finalement ses valises avec l'avènement de la IIe République et, depuis lors, les mariages royaux se sont déroulés en exil. Après une guerre civile, une dictature et une transition démocratique en douceur, les Espagnols se sont réconciliés avec la monarchie, en grande partie grâce à Juan Carlos.
Elena, l'aînée de la progéniture du roi, mais simplement deuxième dans la ligne de succession le mâle, son petit frère Felipe, passe d'abord aura donc droit, ce samedi, aux honneurs des foules sévillanes, dira «oui» sous les yeux des trente caméras de télévision installées dans la cathédrale de la capitale andalouse. Tous les records d'audience pourraient être battus. «Jamais un événement social, politique, sportif ou judiciaire n'a provoqué un tel intérêt», ne craint pas d'affirmer Jaime Penafiel, le PPDA de la presse du coeur espagnole, qui en sera à sa 41e noce. Le roi, fidèle à sa marque de discrétion, a voulu une cérémonie aussi simple que possibl




