Une commissaire excentrique
Il y a des choses qui ne se font pas, surtout quand on est commissaire européen. Pour l'avoir oublié, la sociale-démocrate danoise Ritt Bjerregaard subit depuis quelques jours les foudres de la presse internationale, relayées par l'exaspération de plus en plus manifeste des eurocrates et de certains parlementaires, qui ne peuvent lui pardonner ses écarts de conduite. «Elle témoigne d'un manque d'adaptation préoccupant, il faudrait qu'elle se montre un peu plus capable d'accepter le point de vue des autres», remarque un haut fonctionnaire. Contrairement à l'usage, elle a refusé de prendre un étranger dans son cabinet. Dernières péripéties, qui n'ont pas échappé à la vigilance du quotidien économique allemand Handelsblatt: son départ, début mars, aux sports d'hiver, pendant que ses collègues adoptaient sa première proposition en tant que responsable de l'environnement, et son absence remarquée, quelques jours plus tard à Bonn, lors de la réunion préparatoire de la conférence de Berlin sur le changement climatique.
Tout a commencé en janvier, juste après son audition, peu appréciée par les députés européens. Lors d'un entretien avec des journalistes danois, elle avait osé sous-estimer le rôle de l'europarlement, provoquant un tollé indescriptible ponctué de demandes de démenti, non exaucées, et d'excuses renouvelées de Jacques Santer, le président de la Commission. Politicienne aguerrie et obstinée, celle que la presse britannique surnomme la «Reine




