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Portrait

Le communiste tranquille qui veut réformer le Népal

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Publié le 27/03/1995 à 1h48

Le communiste tranquille qui veut réformer le Népal

Le Premier ministre Man Mohan Adhikari, dirigeant du PC, tente d'extraire le Népal de la féodalité.

Il est de rares pays où le système féodal demeure aujourd'hui vivant. Le Népal est de ceux-là, professe Man Mohan Adhikari, le Premier ministre du Népal, seul chef d'un parti communiste au monde à avoir été porté au pouvoir par des élections libres, le 15 novembre dernier ­ ceci expliquant d'ailleurs sans doute cela. «Lorsque nous analysons nos problèmes, nous voyons que les concepts marxistes sont toujours valides», dit derrière sa barbe blanche l'ancien révolutionnaire de 74 ans, de passage à Paris la semaine dernière. «93% des gens vivent dans un état de dénuement total, privés du droit de posséder la terre», constate-t-il dans cet anglais roulant et syncopé du sous-continent. Avec plusieurs siècles de retard sur l'Europe, ce politicien pragmatique, la voix sage et posée, s'apprête à s'attaquer à la question du servage qui touche plus d'1 million d'habitants sur les 19 millions que compte cette monarchie constitutionnelle hindoue des Himalayas.

«Question cruciale» que cette réforme agraire qui va devoir «affranchir» des centaines de milliers de familles liées aux propriétaires fonciers par une dette sans cesse alourdie et devenue irremboursable au fil des générations. Ces familles de paysans sans titre, comparables aux serfs, sont «achetées et vendues à gré» par une poignée de propriétaires fonciers absentéistes qu'il va fal

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