Une opposante à Aristide a été assassinée en Haïti
Le meurtre survient à la veille du départ des GI's.
A l'approche de l'arrivée à Port-au-Prince de Bill Clinton et de Boutros Boutros-Ghali, attendus demain dans la capitale haïtienne pour célébrer la relève des 5.000 soldats américains encore présents dans la petite république caraïbe par 6.900 Casques bleus et policiers des Nations unies, une vague de violence jette une ombre menaçante sur la transition démocratique en cours dans le pays. L'assassinat, mardi après-midi, d'une opposante notoire au président Aristide apparaît dans ce contexte comme une provocation à l'adresse du président américain et du secrétaire général de l'ONU qui, officiellement, considèrent l'environnement comme suffisamment «sûr et stable» pour permettre le retrait des forces américaines (ces dernières étaient intervenues le 19 septembre dernier, provoquant le départ en exil des militaires putchistes et permettant la restauration, le 15 octobre, du président Aristide, renversé trois ans plus tôt).
La victime, Mireille Durocher-Bertin, venait de créer un parti politique, le Mouvement pour l'intégration nationale, qui prétendait participer aux scrutins des 4 et 25 juin prochains. Avocate de 34 ans, elle avait rallié les putchistes après le coup d'Etat du 30 septembre 1991. Conseillère juridique du général Raoul Cédras, rien ne semblait prédisposer cette jeune femme brillante et passionnée à se discréditer en telle compagnie. Issue d'une famille anti-duval




