Haïti, avec Aristide mais sans espoir
Les GI's s'en vont aujourd'hui, laissant l'île à sa précarité politique et sociale.
Bill Clinton et Boutros Boutros-Ghali célèbrent aujourd'hui à Port-au-Prince le départ des forces américaines intervenues en Haïti le 19 septembre dernier pour déloger les militaires putschistes au pouvoir. 6.000 Casques bleus et 900 policiers, «prêtés» par 30 nations et placés sous commandement du major général américain Joseph Kinzer, prendront leur relève pour maintenir dans le pays ce qu'il est convenu d'appeler «un environnement sûr et stable», propice à la remise en marche des institutions.
Cinq mois après avoir retrouvé son fauteuil au palais national, dans le sillage des marines et des GIs, Jean-Bertrand Aristide, 42 ans en juillet, estime pour sa part que «s'il y a suffisamment de sécurité» pour assurer la transition de la force multinationale au contingent de l'ONU, on ne peut pas prétendre pour autant que «tout va bien». L'assassinat mardi, dans une rue passante, d'une opposante notoire au gouvernement, l'avocate Mireille Durocher-Bertin, jette, il est vrai, un jour dramatique sur la fragilité du processus d'instauration de la démocratie en Haïti. Plus globalement, Aristide se retrouve en butte à une vague de scepticisme qui, sans trop écorner sa popularité personnelle, alimente tensions et découragement. Une manifestation de mécontentement a ainsi rassemblé un millier de contestataires, le 23 mars, devant les grilles du palais national.
L'impuiss




