Les casques bleus ne joueront pas aux gendarmes en Haïti. Le
secrétaire général de l'ONU, Boutros Boutros Ghali, l'a déclaré sans ambages alors que 6.000 soldats et 900 policiers internationaux s'apprêtaient à prendre la relève, vendredi à Port-au-Prince, des 5.000 militaires américains encore sur place après l'intervention US du 19 septembre.
«Nous sommes prêts à aider les Haïtiens à renforcer leur nouvelle force de police, mais nous n'avons pas le mandat pour lancer une opération de police ou une opération de désarmement», a expliqué Boutros Ghali à bord de l'avion qui le transportait jeudi vers la capitale haïtienne. «Nous sommes là pour une opération de maintien de la paix, et notre présence est fondée sur le chapitre VI de la charte des Nations unies» (pas de recours à la force, sauf pour l'autodéfense), a-t-il ajouté.
Ces propos ne peuvent que décevoir Jean-Bertrand Aristide, restauré dans les fonctions le 15 octobre dernier après trois ans d'exil. Dans une interview au New York Times, le président haïtien avait déclaré mardi attendre de l'ONU qu'elle désarme les groupes paramilitaires. Pour que la situation «devienne chaque jour plus sûre», assurait-il, les casques bleus vont devoir agir avec agressivité afin de désarmer les «opposants à la démocratie».
La prudence de Boutros Ghali ne va pas davantage rassurer les Haïtiens désemparés par la vague d'insécurité qui empoisonne le climat politique. Même si les forces américaines de l'opération «Soutenir la démocratie» les o




