Menu
Libération
Interview

Amedou Ould Abdallah, représentant spécial de l'ONU au Burundi: «L'exode est dû à des rumeurs»

Réservé aux abonnés

Publié le 03/04/1995 à 4h29

«L'exode est dû à des rumeurs»

Amedou Ould Abdallah, représentant spécial de l'ONU au Burundi.

Bujumbura, envoyé spécial Ancien ministre des Affaires étrangères de Mauritanie, son pays d'origine, l'ambassadeur Amedou Ould Abdallah est au Burundi le représentant du secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali. Cet adepte de la méditation orientale a été récemment la cible des journaux extrémistes tutsis de la capitale burundaise ­qui l'on qualifié d'«énergumène maghrébin»­, et les manifestations d'étudiants étaient également dirigées contre lui. Son rôle dans le contrôle d'une crise qui menace à chaque instant de plonger le pays dans un drame à la rwandaise est pourtant salué par toute la communauté diplomatique à Bujumbura. C'est lui, en partie, qui a évité au Burundi de plonger dans un chaos à la rwandaise, au soir du 6 avril 1994, lorsque les présidents rwandais et burundais furent tués dans le même avion. Ce soir-là, Ould Abdallah se rendit en personne à la radio nationale, afin d'y faire diffuser des appels au calme.

A quoi attribuez-vous la nouvelle montée de violence au Burundi et l'exode de refugiés dans le Nord?

Le Burundi traverse une crise depuis près de dix-huit mois. Chaque mois qui passe rend le pays plus fragile, si bien que chaque incident, au départ bénin, peut prendre des dimensions non prévisibles. C'est ce qui s'est passé vendredi dernier. Il reste d'ailleurs à enquêter pour savoir s'il ne s'agit pas d'une manipulation. La méfiance entre Burunda

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique