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Libération
Reportage

«El Chino» en route pour sa réélection au Pérou

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Le très populaire président Fujimori devrait l’emporter, dimanche, face à Perez de Cuellar.

ParChristian LIONET
Lima, envoyé spécial
Publié le 07/04/1995 à 4h23

Pour les 12.403.000 électeurs du Pérou, il est «el Chino», le Chinois. Alberto Fujimori, 58 ans, immigré de la première génération (ses parents se sont installés au Pérou avant-guerre), doit son surnom à ses origines japonaises. Sa réélection, à en croire les enquêtes d’opinion très fiables au Pérou, ne sera dimanche qu’une formalité. Son seul adversaire crédible est bien plus connu sur la scène internationale que dans sa propre patrie: Javier Perez de Cuellar, 75 ans, fleuron de l’oligarchie locale, n’est rentré au pays qu’en 1991, après dix années passées à la tête des Nations unies. Les douze autres prétendants au fauteuil présidentiel seront pulvérisés. Président sortant, Fujimori est placé largement en tête dans tous les sondages, et pourrait même être réélu dès le premier tour, dimanche.

La moitié des 24 millions d'habitants que compte le Pérou vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Ils s'apprêtent pourtant à redonner massivement au «Chino» un mandat de cinq ans, au grand dam de la classe politique traditionnelle qui s'essouffle à dénoncer les «mensonges» ou «la démagogie» du chef de l'Etat. Ses partisans expliquent l'insolente santé politique de Fujimori par la confiance qu'il a su gagner auprès du peuple. C'est, disent-ils, un «ingénieur» qui «agit», au contraire de ses prédécesseurs et de ses détracteurs, présentés comme des bavards incompétents, corrompus, indifférents au sort des humbles, soucieux de leurs seuls intérêts de caste. Fujimori ne gaspille pas son tem

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