Lima,
envoyé spécial Alors que les électeurs péruviens se rendaient hier aux urnes, sans états d'âme apparents, pour choisir leur chef d'Etat et les 120 députés du nouveau Congrès, le microcosme politico-médiatique était secoué par un tremblement de terre. La révélation, vendredi, d'une tentative de fraude massive destinée à favoriser le président sortant, Alberto Fujimori et son parti, a en effet provoqué, à la veille du scrutin, une crise de confiance qui va, quoi qu'il arrive, entacher la légitimité des résultats.
Le scandale est parti de Huanuco, une cité andine à 450 kilomètres à l'est de Lima. La police y a découvert, dans une maison privée, 3.000 bordereaux de résultats électoraux, dont 360 déjà remplis. Ces documents avaient été dérobés au Jury national électoral (JNE) par des fonctionnaires de cet organisme chargé d'organiser le scrutin. Chaque bordereau correspondant à une table électorale de 200 inscrits, la fraude, si elle avait abouti, aurait pu porter sur 600.000 voix, soit près de 5% des 12,4 millions d'électeurs, et 7 à 8% des suffrages exprimés, compte tenu des bulletins blancs ou nuls traditionnellement nombreux au Pérou.
Les fraudeurs voulaient faire preuve d'habileté en se contentant d'avantager leur favori, tout en gratifiant les autres listes de suffrages en nombre cohérent avec les sondages d'opinion. De même, les candidats au Congrès originaires de la région de Huanuco bénéficiaient, quel que soit leur parti, du vote préférentiel que les électeurs peuven




