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Séisme politique au Japon

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Publié le 11/04/1995 à 4h14

Séisme politique au Japon

Les grands partis sanctionnés aux élections locales.

La révolte des électeurs japonais contre les grands partis traditionnels couvait depuis un certain temps. Lassés par les intrigues de couloir, dégoûtés par la corruption qui ronge le monde politique, et perplexes face aux carences dont a fait preuve le pouvoir lors du séisme de Kobe, ils viennent de lui infliger un blâme cuisant à l'occasion des élections locales dimanche.

La grande surprise de ce scrutin, organisé tous les quatre ans pour le renouvellement des sièges de gouverneurs de treize grandes municipalités et préfectures, a été en effet la consécration de deux personnalités indépendantes aux postes clés de Tokyo et Osaka, les deux plus grandes villes du Japon. Le nouveau gouverneur de Tokyo, Yukio Aoshima, 62 ans, personnalité célèbre de la télévision, et son collègue d'Osaka, Nokku Yokoyama, 63 ans, un écrivain, n'avaient presque pas fait campagne, dépensant des sommes infimes comparées à celles, colossales, investies par les ténors des grands partis désavoués. «Ce vote ne veut pas dire que les Japonais ne s'intéressent pas à la politique, mais plutôt qu'ils ne croient plus aux partis traditionnels», a déclaré le nouveau champion à Tokyo. Les deux vainqueurs avaient basé leur campagne sur la lutte contre la corruption et la critique d'une bureaucratie qui, au Japon, s'est attribué au fil des ans des pouvoirs exorbitants au détriment de celui des élus ou des ministres. Les deux grands partis,

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