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Japon, la police piétine sur la piste Aum. Malgré une centaine d'interpellations, aucune inculpation n'a été signifiée

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Publié le 21/04/1995 à 2h50

Japon, la police piétine sur la piste Aum

Malgré une centaine d'interpellations, aucune inculpation n'a été signifiée.

«Sil'enquête montre que la secte Aum Vérité suprême est impliquée, il sera naturel de demander à un tribunal de la dissoudre.» Un mois après l'attentat au gaz de combat sarin dans le métro de Tokyo qui a fait douze morts, l'étrange prudence dont ont jusqu'alors fait montre les autorités japonaises, illustrée par cette déclaration nonchalante faite hier par le ministre de l'Education nationale (les «organisations religieuses» sont placées sous sa juridiction) commence à susciter au Japon des réactions de lassitude. «Mettons un terme à cette série d'actes terroristes», s'insurgeait hier le quotidien Yomiuri Shimbun en épinglant la passivité du gouvernement: «La sécurité de ce pays doit être défendue par tous les moyens, et ce n'est pas là seulement le travail de la police.»

Le ministère de l'Intérieur japonais est encore passé hier près du ridicule en se rétractant après avoir annoncé dans un communiqué que la police avait identifié le gaz mystérieux utilisé dans l'attentat dans la gare de Yokohama, mercredi, et qu'il s'agissait de phosgène. Très embarrassée, la police a avoué hier «ignorer» en fait la nature du produit qui a provoqué l'hospitalisation de près de 500 personnes, et ne disposer d'aucun indice matériel pouvant permettre de l'identifier. La plupart des victimes ont pu rentrer chez elles hier; seules vingt et une personnes demeuraient encore en observ

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