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Portrait

Asahara, gourou mal-voyant, aspiré par le néant.

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Le chef de la secte Aum est passé du yoga, symbole de paix, à l'apologie de la destruction.

Publié le 25/04/1995 à 2h44, mis à jour le 25/04/1995 à 2h44

Psychiatres, écrivains et spécialistes japonais des religions font du gourou de la secte Aum, suspectée d'être à l'origine de l'attentat du métro de Tokyo, un psychopathe, voire un schizophrène, atteint de pulsions nihilistes. Ils voient dans sa personnalité un goût du pouvoir qui, peu à peu, s'est mué en volonté féroce de domination, un rejet du monde extérieur transformé au fil des ans en force destructrice, une soif de reconnaissance qui, rapidement, a basculé dans un inquiétant élitisme mâtiné de discours scientifique... Les spécialistes japonais qui, depuis parfois plusieurs années, se sont penchés sur le cas de Shoko Asahara décrivent ainsi le cheminement intérieur et spirituel du «gourou»: une évolution en pente douce, partie du yoga, religion du corps, symbole de pureté et de paix, pour sombrer dans le désespoir et l'annonce de l'Apocalypse.

Ces «deux périodes» de la vie de la secte révèlent l'evolution du caractère d'Asahara dont les traits les plus noirs se sont accentués avec le temps. Elles révéleraient sans doute aussi, plus prosaïquement, la détérioration de son état de santé: atteint, dit-il dans un long communiqué reçu par Libération, de «rickettsiose de type fièvre Q» (une maladie infectieuse provoquant des fièvres), Asahara se croit condamné. La fin du monde, qu'il prévoit tantôt pour 1997, 1999 ou 2000, coïnciderait-elle ainsi avec le terme de sa propre existence? On peut le penser. Car, comme le relève un spécialiste des religions, la doctrine d'Asahara,

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