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Libération

Controverse sur le bilan des massacres

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Publié le 25/04/1995 à 2h44

Après avoir vidé samedi le camp de Kibeho, dans le sud-ouest du

Rwanda, au prix d'un massacre qui aurait fait des centaines, voire des milliers de victimes parmi les réfugiés hutus, l'Armée patriotique rwandaise (APR, dominée par l'ethnie minoritaire tutsie) est passée hier à la deuxième phase, le retour des «déplacés» dans leurs communes d'origine.

La majeure partie des rescapés du camp de Kibeho, qui avaient été conduits dimanche à Butare, la ville la plus proche, étaient rapatriés hier vers les villages qu'ils habitaient avant la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR, au pouvoir) en juin 1994. Toutes les cinq minutes, selon Médecins sans frontières (MSF), un camion chargé de réfugiés quittait hier le stade de Butare où une partie d'entre eux avaient été regroupés. Confirmant l'apréhension des réfugiés, qui craignent des représailles de la part de ceux qui se sont parfois installés dans leurs maisons et sur leurs terres, les équipes régionales du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et du Programme alimentaire mondial (PAM) rapportaient hier que les premiers arrivés avaient été accueillis à coups de bâtons et de pierres.

La confusion la plus totale règne quant à l'ampleur et aux responsabilités du massacre de Kibeho. La Mission des Nations unies pour l'assistance au Rwanda (Minuar) a révisé à la baisse le nombre des morts après «un décompte plus scientifique», l'estimant à près de 2.000, contre 5.000 au moins la veille. Le président rwandais, Pasteur Bizi

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