La Commission européenne est-elle en train de devenir cette «armée
mexicaine» que dénonce le Syndicat des fonctionnaires européens? Parachutages discutables, évictions de directeurs généraux pour des motifs plus ou moins fallacieux, multiplication des experts nationaux détachés par leur administration nationale , un vent de renationalisation semble souffler sur Bruxelles, au risque d'ébranler le sacro-saint principe de l'indépendance de la fonction publique communautaire. «Selon l'intérêt des sujets, les gouvernements font plus ou moins de forcing pour obtenir un poste», juge un eurocrate, avant d'ajouter que les experts nationaux déjeunent régulièrement avec leurs collègues des représentations permanentes auprès de l'Union pour échanger conseils et recommandations. Autre problème, les «chasses gardées», grâce auxquelles un Etat membre peut s'attribuer éternellement un poste. «La mobilité interne devient de plus en plus difficile», déplore un haut fonctionnaire. Habituelles au niveau des directeurs et directeurs généraux, , de plus en plus fréquentes pour des postes moins élevés, les nominations «politiques» ont connu une recrudescence avec le changement de Commission. Ensuite, les trois nouveaux pays membres de l'UE ont réclamé leur part du gâteau. «Attention de ne pas surestimer le phénomène», prévient un eurocrate. La preuve: souvent tentés de prolonger leur séjour à Bruxelles, les experts nationaux finissent par devenir eux-mêmes des «créatures» de la Commission. Conscie




