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En Bolivie, l'Etat de siège n'arrête pas la grève. Réduits à la clandestinité, les syndicats n'ont pas renoncé à leurs revendications sociales.

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Publié le 29/04/1995 à 2h37

En Bolivie, l'Etat de siège n'arrête pas la grève

Réduits à la clandestinité, les syndicats n'ont pas renoncé à leurs revendications sociales.

La Paz, envoyé spécial Des soldats immobiles comme des statues, postés tout au long des buttes qui surplombent la route menant à l'aéroport international d'El Alto, et les rues de La Paz désertées dès la tombée de la nuit sont ici parmi les rares signes perceptibles de l'état de siège décrété le 18 avril sur tout le territoire bolivien. Le président Gonzalo Sanchez de Lozada peut pour le moins se targuer d'avoir rétabli l'ordre dans les principales villes du pays: son coup de force a mis fin en effet aux violentes manifestations quotidiennes orchestrées durant six semaines par les comités de grève de l'éducation publique, des services de santé et de la Comibol (Compagnie minière d'Etat).

En déportant plus de 300 dirigeants syndicaux, placés sous la surveillance de l'armée, dans cinq localités isolées du pays, le gouvernement n'a pas lésiné, il est vrai, sur les mesures répressives. Motivé tant par des revendications salariales ­ un professeur débutant gagne 300 bolivianos mensuels (autant de francs) ­ que par l'opposition des syndicats d'enseignants au projet de réforme de l'éducation qu'ils assimilent à une «tentative de privatisation déguisée», le mouvement de protestation a abandonné la rue sans pour autant perdre de sa vigueur: la grève est toujours quasi totale dans les trois secteurs à l'origine de l'effervescence sociale.

Désormai

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