Sarajevo, un jour presque ordinaire
La ville attendait la fin d'une trêve qui n'a jamais empêché la guerre.
Sarajevo, envoyé spécial Le 1er mai a été à Sarajevo un jour presque comme les autres. A 7 heures du matin, la sirène de la Bascarcija a retenti comme tous les jours, sauf le dimanche, depuis un mois. Une sirène longue et stridente, dont on finit par se demander avec le temps si elle signale seulement la fin de l'état d'alerte nocturne ou si elle rappelle aussi le début de la journée de travail. Avant-guerre, la fête du Travail était respectée en Bosnie. Toutefois, la guerre bouleverse même les traditions ouvrières les plus anciennes. Hormis les écoliers et les lycéens, dont les établissements sont fermés pour la journée, les Sarajéviens se sont donc levés normalement par une belle journée d'été. Les cafés se sont remplis lentement, les magasins très rapidement. Les services municipaux ont procédé à une vaste opération de nettoyage des rues avec une armada de camions citernes et camions d'ordures verts. Oslobodenje est peut-être le seul quotidien à être sorti en ce jour sacro-saint de non-parution des journaux dans le monde entier. En temps de guerre, l'information prime sur les conventions. D'autant que ce lundi 1er mai n'était quand même pas tout à fait un jour normal de guerre. Le cessez-le-feu signé début janvier a expiré à midi. Toute l'activité diplomatique et politique du week-end n'avait laissé aucun espoir de reconduction de cette trêve «officielle» qui n'avait




