«Nous avons réussi! Nous avons réussi! A produire du sarin...» Ce refrain diabolique est celui d'une des nombreuses chansonnettes qu'aurait écrites Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum, arrêté hier. Selon le journal qui rapporte l'anecdote, la police aurait découvert la partition, il y a quelques jours, à l'occasion d'une perquisition dans les locaux de la secte. La capture du gourou a été le point culminant d'une enquête qui, dès le lendemain du drame du 20 mars 12 morts et plus de 5.000 personnes intoxiquées au gaz sarin dans le métro de Tokyo , s'est orientée sur la piste de la secte Aum Vérité suprême. Jamais depuis la guerre, dit-on, on n'avait vu un tel déploiement de forces de police. La méthode utilisée a été lente, mais simple: le ratissage systématique des quelque 120 lieux de culte et autres filiales commerciales de la secte à travers l'archipel. Une stratégie subtile d'encerclement, commençant par le bas de la pyramide, celle des fidèles de base, et des petits chefs, puis tous les responsables de l'organisation arrêtés un à un, en grimpant dans la hiérarchie. Tout indique que les enquêteurs savaient depuis longtemps que Shoko Asahara se cachait dans une des pièces secrètes du QG de la secte, à Kamikuishiki, petit village au pied du mont Fuji. Mais la police ne voulait pas l'arrêter avant d'avoir réuni suffisamment d'éléments pour qu'il puisse être inculpé pour meurtre.
La saga macabre de la secte Aum avait commencé le lundi 20 mars, à 8 heures du matin. La




