Deux mois après l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo, le rideau est enfin tombé sur la secte Aum Vérité suprême avec l'arrestation, mardi, de son chef et gourou Shoko Asahara. On peut difficilement parler d'un coup de théâtre car, après des semaines d'enquête, la police avait depuis plusieurs jours déjà annoncé clairement qu'elle comptait mettre le gourou sous les verrous. L'opération s'est donc déroulée sans heurt. Bien avant l'aube, plusieurs centaines de policiers antiémeute avaient encerclé le bâtiment dans lequel s'était réfugié le maître de la secte, dans l'énorme communauté que Aum avait construite en lisière du petit village de Kamikuishiki, juste au pied du mont Fuji, la montagne sacrée du Japon.
Ce bâtiment était depuis la fin de la semaine dernière éclairé en permanence pendant la nuit par de puissants projecteurs installés par les forces de l'ordre et 150 journalistes et caméramen faisaient le pied de grue sous une pluie diluvienne, attendant patiemment l'heure de vérité. Le signal de l'intervention policière a été donné juste après les premières lueurs du jour. Calmement, la police a alors découpé en une demi-heure la grande porte métallique du local au chalumeau et à la scie électrique.
Le suspens a cependant duré quatre heures avant la sortie de Shoko Asahara. Les policiers ont peiné avant de trouver finalement la cachette du gourou, une petite chambre secrète, haute de un mètre à peine, habilement dissimulée derrière des parois métalliques dans l'incr




