Une nouvelle équipe dirigeante est en train de s'installer fermement
à Pékin, où la lutte pour le pouvoir a commencé depuis au moins l'automne dernier. Depuis un an, plusieurs personnages influents de la première génération du parti communiste sont morts. Des purges pour «corruption» visent les personnalités les plus impliquées dans le «massacre de Pékin» de juin 1989. Selon de bonnes sources chinoises, l'initiative appartient à un triumvirat composé de Jiang Zemin (chef de l'Etat, des armées et du parti), de Qiao Shi (président du Parlement, il a aussi la haute main sur la justice, la police et les services secrets) et Zhu Rongji (premier vice-Premier ministre, chargé de l'Economie et des Finances).
Deng Xiaoping, le numéro un chinois (90 ans), dont l'état de santé est l'objet d'incessantes spéculations, ne pèse déjà plus dans les rapports de forces politiques, comme l'ont montré les accusations de corruption savamment distillées contre plusieurs membres de sa famille (un fils, Deng Zhifang, et une nièce, Ding Peng). Quant à l'impopulaire Premier ministre Li Peng, sa carrière a toutes les chances de s'achever par un poste honorifique avec l'échéance de son second mandat de chef de gouvernement, qui n'est plus renouvelable, fin 1996. Premiers signes de sa disgrâce prochaine: ses voyages à l'étranger se font de plus en plus rares.
L'idée d'une alliance entre Jiang, Qiao et Zhu (certaines sources chinoises parlent d'un «pacte») remonte à deux ans environ. Une «enquête d'opinion




