Sous les verrous depuis mardi, Shoko Asahara, le gourou de la secte Aum, a annoncé mercredi qu'il avait choisi de ne pas parler. «J'use de mon droit de ne pas répondre», a-t-il dit aux policiers qui l'ont interrogé. S'il est reconnu coupable d'avoir ordonné et organisé l'attentat meurtrier au gaz sarin du 20 mars dans le métro de Tokyo, il encourt la peine de mort. Mais il sait que s'il nie les accusations portées contre lui, ce qu'il a déjà fait mardi juste après son interpellation, son procès prendra selon toute vraisemblance des années dans un pays où l'instruction des grandes affaires est extrêmement lente.
La loi autorise la police à une garde à vue de vingt-trois jours avant de l'inculper ou de le relâcher. La deuxième option étant évidemment exclue, il faudra donc réunir d'ici là des éléments de preuves irréfutables sur sa responsabilité. A en juger par les aveux déjà recueillis auprès d'anciens proches collaborateurs du chef de la secte, cela ne devrait pas être très difficile.
Selon plusieurs grands quotidiens, Masami Tsuchiya, le chef de l'unité chimique de Aum Vérité suprême, arrêté depuis plusieurs jours déjà, a reconnu formellement devant les enquêteurs qu'il avait lui-même produit le sarin utilisé en juin l'an dernier dans la ville de Matsumoto, au pied des Alpes japonaises. Les circonstances de ce drame étaient jusqu'à ce jour restées un mystère. 7 personnes étaient mortes et 200 autres avaient été intoxiquées dans un quartier de la ville. La police avait conclu




